Véhicule autonome : on distingue 5 niveaux d’autonomie

Véhicule autonome : on distingue 5 niveaux d’autonomie

Actuellement sur la route un conducteur peut conduire un véhicule doté de divers dispositifs d’aide à la conduite : c’est un véhicule avec une autonomie de niveau 2 ( les aides à la conduite en question doivent nécessairement pouvoir être désactivées par le conducteur). Il peut également être connecté via une tablette, un smartphone mais aussi grâce au système de navigation. Il a ainsi accès à diverses ressources  dans les domaines de la sécurité, l’aide à la conduite, la gestion de trafic et l’infotainment ( programmes fournissant à la fois de l’information et du divertissement).Self driving car Google
Aujourd’hui, tous les constructeurs s’activent pour parvenir à la  prochaine étape qui sera celle du véhicule avec une autonomie de niveau 3 :  le véhicule de Google, la Google car, en est un exemple. Le véhicule imaginé par Google est pourvu d’un capteur sur le toit (son prix avoisine 80 000 dollars) dont le fonctionnement est basé sur la technologie laser : il détecte ainsi l’environnement de la voiture à 360 degrés. Mais n’oublions pas que ce véhicule se déplace seul mais toujours sous la supervision d’ingénieur et à une vitesse de quelques kilomètres /h. Permettre la circulation de véhicules autonomes va imposer une modification des  législations dans les dizaines  pays qui ont ratifié la convention de Vienne ( 1968) qui  précise à son article 8 qu‘il faut un conducteur dans tout véhicule et que ce conducteur doit avoir en permanence le contrôle du véhicule.

Plusieurs états américains, le Nevada, la Californie, la Floride peuvent faire circuler des véhicules autonomes après avoir fait évoluer leur législation.

Les 5 niveaux d’autonomie possibles pour un véhicule

En France on utilise le terme de véhicule autonome, dans les pays anglo-saxons, au Japon, etc on utilise le terme automated véhicle.

Il faut se référer au site NHTSA pour les 5 niveaux d’autonomie d’un véhicule.
NHTSA : National Highway Traffic Safety Administration

Autonomie de niveau 0
Le conducteur fait tout, aucune fonction n’est automatisée.
Il peut disposer de lane départure warning : si le véhicule franchit la ligne blanche, un signal sonore retentit.

No-Automation (Level 0):
The driver is in complete and sole control of the primary vehicle controls – brake, steering, throttle, and motive power – at all times.

Autonomie de niveau 1
Le conducteur à toujours le contrôle du véhicule : il peut disposer d’ABS, d’anti-patinage, etc

Function-specific Automation (Level 1):
Automation at this level involves one or more specific control functions. Examples include electronic stability control or pre-charged brakes, where the vehicle automatically assists with braking to enable the driver to regain control of the vehicle or stop faster than possible by acting alone.

Autonomie de niveau 2
Le véhicule peut être doté de divers dispositifs d’aide à la conduite tel que  Park assist qui permet à la voiture de se garer automatiquement : le système aide à chercher une place de parking adaptée au gabarit de la voiture et effectue une manœuvre automatique une fois l’emplacement détecté, aussi bien en créneau qu’en bataille. Le conducteur doit seulement gérer l’accélération et le freinage ( il peut donc retirer les mains du volant).
Certains dispositifs de Park assist sont même feet off , le conducteur peut lever les pieds, voire être à l’extérieur du véhicule pendant que le véhicule se gare.
Le traffic jam chauffeur ou traffic jam assistant:  ce dispositif contrôle la vitesse de la voiture et la distance avec la voiture située devant.Il peut être utilisé lorsque le trafic est dense sur autoroute quand la vitesse est au delà de 60 km/h

Combined Function Automation (Level 2):
This level involves automation of at least two primary control functions designed to work in unison to relieve the driver of control of those functions. An example of combined functions enabling a Level 2 system is adaptive cruise control in combination with lane centering.

Autonomie de niveau 3
La voiture de Google, Google car est un véhicule qui présente une autonomie de niveau 3.
Le système conduit et le conducteur supervise le système mais il n’est pas obligé de superviser en permanence, il peut faire autre chose que conduire : il doit tout de même resté installé au poste de conduite puisqu’il doit pouvoir reprendre le contrôle de la voiture si besoin.

Limited Self-Driving Automation (Level 3): 
Vehicles at this level of automation enable the driver to cede full control of all safety-critical functions under certain traffic or environmental conditions and in those conditions to rely heavily on the vehicle to monitor for changes in those conditions requiring transition back to driver control. The driver is expected to be available for occasional control, but with sufficiently comfortable transition time. The Google car is an example of limited self-driving automation.

Autonomie de niveau 4
La machine fait tout
, la voiture est complètement autonome,  elle peut même circuler seule, sans conducteur ni passager et aller chercher des passagers par exemple.

Full Self-Driving Automation (Level 4): 
The vehicle is designed to perform all safety-critical driving functions and monitor roadway conditions for an entire trip. Such a design anticipates that the driver will provide destination or navigation input, but is not expected to be available for control at any time during the trip. This includes both occupied and unoccupied vehicles.

 

La réglementation devra évoluer pour autoriser la circulation des véhicules autonomes de niveau 3 et 4

La Convention de Genève signée en 1949 et celle de Vienne en 1968 par de nombreux pays n’autorisent pas la circulation de véhicules autonomes de niveau 3 et 4. Les textes devront donc évoluer.

En effet, l’article 8 de la convention de Vienne précise qu’il faut un conducteur dans un véhicule et que ce conducteur doit avoir en permanence le contrôle de son véhicule.

Art. 8 Conducteurs 
1. Tout véhicule en mouvement ou tout ensemble de véhicules en mouvement doit avoir un conducteur. 
2. Il est recommandé que les législations nationales prévoient que les bêtes de charge, les bêtes de trait ou de selle et, sauf éventuellement dans les zones spécialement signalées à l’entrée, les bestiaux isolés ou en troupeaux doivent avoir un conducteur. 
3. Tout conducteur doit posséder les qualités physiques et psychiques nécessaires et être en état physique et mental de conduire. 
4. Tout conducteur de véhicule à moteur doit avoir les connaissances et l’habileté nécessaires à la conduite du véhicule; cette disposition ne fait pas obstacle, toutefois, à l’apprentissage de la conduite selon la législation nationale. 
5. Tout conducteur doit constamment avoir le contrôle de son véhicule ou pouvoir guider ses animaux. 

 

Aujourd’hui en France, nous en sommes au stade 2 du véhicule autonome, les niveaux 3 et 4 sont du stade de la recherche. Le niveau 3, non encore autorisé, semble avoir peu de valeur puisque le conducteur devra toujours superviser le système et au besoin reprendre le contrôle de la machine. C’est le stade d’automatisation niveau 4 qui nous fait rêver, la machine fait absolument tout. Cela supposera d’avoir une confiance totale dans le véhicule. Le conducteur ne sera pas nécessairement dans le véhicule : la voiture ou le bus pourra circuler à vide et aller chercher des passagers. Pour ce dernier niveau, les textes en vigueur qui régissent la circulation des véhicules sur route devront évoluer.
L’objectif c’est de parvenir à avoir une voiture ou tout autre véhicule qui soit plus sûr qu’une personne ( aujourd’hui 90% des accidents sont causés par une erreur humaine) : c’est seulement dans ce cas que les véhicules autonomes seront acceptés par tous. Ces nouveaux véhicules contribueront également à fluidifer le trafic. Mais il reste encore de nombreux progrès à réaliser puisqu’actuellement les véhicules autonomes savent se déplacer seulement à la vitesse de quelques kilomètres heures.
En France des expérimentations verront le jour dès cette année 2015 et déployés d’ici 2020 : on se fixe comme objectif d’avoir des véhicules autonomes à coût raisonnable de niveau 3 donc lorsque le conducteur manquera de vigilance, par exemple, il sera stimulé. Mais il ne s’agira pas d’un véhicule sans le contrôle du conducteur…

Ces informations ont été recueillis lors du  congrès “Route et médecine” organisé par l’Automobile Club de France en novembre 2014.

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3 Comments
  • Posté à 1 h 24 min, 16 octobre 2015

    Une règlementation qui devra évoluer tôt ou tard, avec l’arrivée de nombreux acteurs dans le secteur, dont beaucoup de constructeurs français ! (PSA, Valeo, AKKA…).
    Espérons que le législateur Français ne soit pas trop strict, et ne nous prive pas d’une industrie qui deviendra sans aucun doute très florissante…

  • Pinban
    Répondre
    Posté à 16 h 15 min, 12 novembre 2015

    Bonjour,
    Il me semble qu’il y ait une confusion dans votre article. La SAE ne représente pas du tout la société des ingénieurs automobils américains et propose une classification à Niveaux.
    Les 5 niveaux dont vous parlez sont ceux de la NHTSA, qui elle propose bien 5 niveaux.
    Cdlt.

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